BOUTCHA ET SES QUESTIONS INTERDITES

Boutcha et ses questions interdites

À présent que le mercure des émotions et de l’hystérie collective sur « la boucherie de Boutcha » (sic) semblent redescendre, et que la lueur d’espoir de la fin des hostilités apparue cinq jours avant la « découverte » de cette boucherie s’est estompée pour laisser la place aux faucons des deux camps, je voudrais nous proposer très humblement d’accorder juste 15 minutes de priorité à la partie de notre cerveau qui réfléchit, afin de voir lesquelles des cases de la fake news officielle « la boucherie de Boutcha » coche.

Poutine et Zélinsky / source : Lesoir.be

Car, il y a tout un tas de questions qui reste aujourd’hui sans réponse parce qu’elles embarrassent les médias quand elles ne les intéressent simplement pas. J’en ai relevé quelques-unes que je souhaite partager avec vous :

1- Pourquoi à l’ONU, c’est la Grande Bretagne (plutôt que la Russie) qui s’oppose à une enquête internationale sur une boucherie que son premier ministre et ses alliés qualifient pourtant d’ignoble et d’inacceptable, alors que l’un des principes de base de la démocratie, c’est la TRANSPARENCE ?

2- Entre le 24 mars, date de l’annonce du retrait des troupes russes (un retrait constaté par tous les médias à partir du 25 mars), et le 28 mars, date de la transmission officielle par Zelensky de ses propositions sur la neutralité militaire de son pays et sur la question du Donbass, il s’est passé 4 jours. Je rappelle que le 16 mars, reteurs.fr écrivait déjà que « dans un signe apparent d’ouverture, Volodimir Zelensky a déclaré mardi que l’Ukraine était prête (…) à renoncer à son objectif de long terme d’une adhésion à l’Otan. » 
Pourquoi le président d’Ukraine, l’une des personnes les plus renseignées sur les actions de son ennemi russe, ne découvre-t-il que le 2 avril ( !) le « massacre » qui se serait produit à un jet de pierre de Kiev, alors que son armée avait repris possession des lieux des jours avant qu’il n’écrive à l’ennemi pour proposer des solutions constructives de sortie de crise ? SURTOUT QUE LES IMAGES SATELLITES DATERAIENT DU 19 MARS ! Ce qui signifierait que 9 jours avant les offres de Zelensky, l’on savait déjà que l’ennemi avait « massacré » des civils de sang-froid…

3- Le monde découvre le massacre de Boutcha le 2 avril, presque une semaine après que les troupes russes se soient retirées de la ville. Pourquoi personne ne s’est donné la peine de vérifier s’il y a eu, comme le prétendent les russes et certains habitants de Boutcha, effectivement un couvre-feu instauré dans la ville après le départ de l’occupant ?

4- Pourquoi les médias ont-ils beaucoup insisté sur le fait que la société qui a fourni les images satellites censées établir la culpabilité des russes, était une société privée (donc neutre) en occultant le fait que Maxar Technologies travaille presque exclusivement pour le ministère américain de la défense avec qui elle a réalisé en 2021, 81% de son chiffre d’affaires, et que de facto, elle appartient au complexe militaro-industriel américain ?

5- Ce qui appelle donc la question suivante : En quoi les photos-satellites de Boutcha « dévoilées » par le New York Times sont-elles plus fiables que celles des sites des armes de destruction massive de l’Irak, et celles du massacre de Benghazi présentées à l’ONU pour justifier la destruction de l’Irak et de la Libye ?

6- Si les satellites de Maxar Technologies ont pu capter depuis le 19 mars, les images des corps de civils désarmés gisant sur la chaussée et qui sont présentées comme la preuve en béton de la culpabilité de l’armée russe, pourquoi n’ont-ils pas pris les images de l’armée russe en train de tirer de sang-froid sur ces pauvres gens ? Et surtout pourquoi personne dans ces grands médias censés nous informer objectivement, ne réclame lesdites images, ni celle du 1er et du 2 avril à l’opérateur satellite ?

7- À moins que l’occupant russe ait réussi l’exploit de ramasser tous les téléphones portables et tous les appareils photos numériques des 38.000 habitants de la ville dès son arrivée, et ait réussi à faire en sorte qu’aucun appareil du genre n’y soit introduit avant son départ, ou que les Ukrainiens de Boutcha ne soient pas assez patriotes pour documenter eux-mêmes les exactions de leurs bourreaux, pourquoi jusqu’à présent n’y a-t-il aucune vidéo amateur clandestinement tournée au moment où les russes massacraient des civils ?

Source image : Huffingstonpost.fr

8- Dans une enquête publiée le 4 avril par le site russe Meduza classé par Moscou comme « agent de l’étranger » (donc échappant au contrôle du Kremlin), une élue du conseil municipal de Boutcha, Kateryna Ukraintseva s’est contredite en affirmant dans un premier temps « qu’en sa présence les militaires russes n’avaient tué aucun civil » pour ensuite assurer que « à un moment donné, des soldats russes ont donné leurs rations sèches à des gens dans un sous-sol (c’est-à-dire qu’ils les ont nourris, ndlr), puis ont lancé une grenade dans le sous-sol. C’est arrivé ». La question qui vient logiquement à l’esprit est la suivante : si elle a été témoin de ces jets de grenades, pourquoi avoir dit qu’elle n’avait pas vu de russe tuer des civils ?

9-  Pourquoi les cadavres censés avoir été froidement abattus par une armée en furie se retrouvent sur la chaussée comme si à Boutcha les piétons ne marchaient pas sur le trottoir ?

10- Il y a une fosse commune dans laquelle on aurait retrouvé plus de 200 corps. Qui a creusé le charnier ? Les cadavres y retrouvés étaient-ils des civils ou des combattants ? De quoi et dans quelles conditions sont-ils morts ?

11- Pourquoi, personne n’a pris le temps de nous faire entendre la version russe, témoignages à l’appui, de l’occupation de Boutcha ?

12- Est-il possible que cette affaire n’ait été concoctée précipitamment que pour empêcher Zelensky de négocier avec Poutine ?

13- Enfin, et c’est la question la plus importante : que craint la Grande-Bretagne en s’opposant à la mise en place d’une enquête internationale sur une barbarie aussi grave ?

En temps normal, c’est aux journalistes de poser chacune de ces questions, et à leurs médias de se donner les moyens de les creuser de façon rigoureuse, afin de permettre à ceux qui leur font confiance pour être informés, de se faire une opinion plus cartésienne de ce drame.

Mais peut-être ont-ils trop peur de la cavalerie anti-complotiste pour sortir du cadre tracé.

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