Attaques contre Assimi Goïta : remise en cause du renseignement malo-russe ?

Elle a lieu tôt ce vendredi 22 juillet 2022. L’attaque contre la base militaire de Kati n’est pas aussi ordinaire comme on pourrait l’imaginer. Elle visait le camp militaire ou réside le président de la république, son excellence le colonel Assimi Goïta. Cette particularité de l’attaque devrait nous pousser à de multiples questionnements parmi lesquels figure la question du renseignement malo-russe.

Attaques contre Assimi Goïta, l’indescriptible détermination des agents de la françafrique

En effet, le camp de Kati est également le lieu de résidence du président Assimi Goïta et de son ministre de la défense le colonel Sadio Camara. L’on pourrait dire que ce camp fait office de palais présidentiel. Alors faire une attaque contre le palais présidentiel est intensément osé. Depuis quand, des attaques dites terroristes visent un palais de résidence d’un chef d’Etat ? L’attaque du camp de Kati de ce vendredi a été d’une violence extraordinaire. Les assaillants ont ainsi utilisé des kamikazes, des roquettes et au moins deux véhicules piégés selon les informations officielles. Ni plus ni moins, l’attaque viserait clairement l’élimination physique du président de la transition malienne. Faudrait-il le savoir, l’élimination physique du président Goïta sonnera la fin de ce régime trop souverainiste. Oui, le président Assimi Goïta est incontestablement un modèle pour l’ensemble de la jeunesse africaine en lutte pour la dignité et la souveraineté de l’Afrique. Goita, un vrai goitre aux appétits voraces français.

De fortes et historiques décisions prises par son régime ont sans ambiguïté affirmé la dignité, le respect et la souveraineté africaines qu’exige le Mali. La France s’en offusque et en veut à mort au président Assimi Goïta. Nul besoin aujourd’hui d’ignorer la haine de la France aux libertés et dignités africaines.

Assimi Goïta
Le premier ministre Choguel Maiga et le président de la République Assimi Goïta

La France avait déjà clairement avoué qu’elle punira le Mali de Goïta pour avoir exigé la liberté. Cela passe par les sanctions illégales et inhumaines de la CEDEAO, ce syndicat des névrosés colons noirs à la tête des Etats ouest-africains. Et pour les avisés, cette punition passerait par l’assassinat du président Assimi Goïta et de certains membres clés de la transition malienne. Rappelons toujours au besoin que, historiquement, la France a déjà à son compte l’assassinat de plus de 22 chefs d’Etat africains souverainistes, des milliers de leaders Noirs et des millions de civils africains.

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Depuis la France et ses indignes régimes vassaux africains militent ardemment pour déstabiliser l’insoumis régime malien. L’intrépide premier ministre, le docteur Choguel Kokalla Maïga avait à cet effet donné une interview à l’Agence Anadolu. Il affirme: ‹‹ Le fait qu’il (sommet de la CEDEAO) se tiendra le 9 janvier 2022 et qu’il y aura des sanctions a été annoncé par les autorités françaises un mois auparavant. Que des sanctions vont suivre soit annoncé un mois avant et la nature de ces sanctions nous montrent clairement, et nous l’avons dit dans notre communiqué, que ces sanctions ont certainement un objectif : c’est de déstabiliser le gouvernement, le renverser afin d’avoir à la tête de l’État un gouvernement docile qui obéirait aux instructions des autorités françaises… Les décisions prises contre notre pays, ont été inspirées par un agenda extérieur aux intérêts du peuple malien, aux intérêts de l’Afrique ››. 

En plus, le premier ministre malien avance ce que tous les Africains savent aussi déjà : « La France exerce un terrorisme politique, médiatique et diplomatique contre notre gouvernement ».

Lors de cette interview, le populaire premier ministre affirme à nouveau : ‹‹ Donc, vous créez le chaos. Vous armez des gens, vous leur dites d’aller diviser le Mali. Parce que ça a été officiellement dit par les séparatistes et assumé par des responsables français, que c’est la France qui était derrière les mouvements séparatistes de 2011, qui sont venus de Libye avec armes et bagages. Les responsables des mouvements l’ont dit que c’est la France qui leur a promis d’envahir le nord du Mali et le diviser et créer un État indépendant. Ce n’est pas nous qui le disons. Ce sont les dirigeants de ce mouvement qui le disent et soutenus par des responsables politiques français. Comme ils disent aujourd’hui que le gouvernement n’est pas légitime, le gouvernement qui a fait appel à la France en 2013, était un gouvernement issu d’un coup d’Etat. Mais passons. Qu’est ce qui a été demandé ? Dans la lettre que le gouvernement malien a adressée au gouvernement français, dont il n’y a aucune copie dans les archives du Mali, ni à la Défense, ni aux Affaires étrangères. C’est en France, sur le site du Sénat français, que nous l’avons récemment retrouvée. Dans cette lettre-là, il avait été demandé à la France un appui aérien et un renseignement. Il n’était pas prévu de déployer des militaires français sur le territoire malien. L’Armée n’en voulait pas. La France a respecté cela jusqu’à Kidal. Arrivée à Kidal, elle a barré la route à l’Armée malienne, où elle a créé une enclave, où les terroristes ont eu des années pour se réorganiser. Nous tirons les leçons de cela. Elle devait venir nous aider à combattre les terroristes. Elle a créé les conditions de sanctuarisation du terrorisme et de la partition du Mali et les résolutions des Nations unies qu’elle était venue défendre, parce que je dis au passage que le président français François Hollande (ancien président) avait clairement dit les objectifs de l’opération Serval : détruire le terrorisme, restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et appliquer les résolutions des Nations unies ››(1).

Ces objectifs impérialistes français et occidentaux peuvent prendre diverses formes mais ne changeront jamais. Ainsi donc, le renseignement malien devrait rester sans faille pour endiguer tout processus de déstabilisation de l’intérieur comme de l’extérieur – pouvant venir des nouvelles installations de Barkhane (Côte d’Ivoire, Niger, etc).

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La remise en cause du renseignement malo-russe

En effet, les braves forces armées maliennes ont vigoureusement neutralisé l’attaque. Les Africains en sont soulagés et continuent d’apporter leur soutient sans faille au régime souverainiste de Bamako. Néanmoins, ces glorieux efforts de l’armée ne devraient quand même pas nous empêcher de questionner la nature du renseignement malo-russe. Faille ou infiltration ?

Sadio Camara, ministre de la défense du président Assimi Goïta
Le stratège ministre de la défense, le colonel Sadio Camara

En effet, une attaque de la base stratégique militaire de Kati est osée. Coté de l’Etat malien, subir une telle attaque à un tel lieu devrait pousser à questionner la fiabilité du renseignement en place. Et qui parle du renseignement malien aujourd’hui interpelle sa coopération avec les instructeurs russes.

D’ailleurs, ces grossières attaques nous rappellent les récentes sombres époques où la France seule contrôle le renseignement, accordant, de ce fait, les seconds rôles aux services de renseignements africains. Que ces scénarios ne se répètent plus, tels sont les vœux souverainistes des Africains.

Alors le gouvernement malien devrait rapidement revoir son dispositif sécuritaire et de renseignement. Malgré le terrorisme de l’OTAN aux frontières russes, des attaques n’ont jamais été engagées contre le Kremlin parce qu’on sait que la Russie dispose d’un renseignement sophistiqué lui permettant d’avoir l’information et d’anticiper. Les russes et nord-coréens n’avaient besoin que de leur renseignement pour identifier des armes biologiques occidentales en Ukraine. C’est de ce renseignement que Mali a besoin et non de vieux appareils soviétiques. Ainsi, aucune faille ne doit être tolérée dans le renseignement sécuritaire. Assimi Goïta et ses proches compagnons sont pour l’Afrique le symbole de la renaissance africaine dans ce concert (cancer) des nations. Il faut accroître la sécurité autour d’eux. Car déstabiliser ce régime souverainiste malien a pour but principal : tuer dans l’œuf toute aspiration souverainiste dans la sous-région à ne plus jamais songer à une émancipation africaine. En un mot, nous connaissons depuis les ennemis d’une Africaine souveraine : l’Occident (l’Etat français en tête) et ses satellites francafricains.

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Par ailleurs, d’autres affirmaient que l’état-major malien était déjà en alerte depuis des jours à l’avance. Et donc pour eux, le renseignement n’a pas failli. Toutefois si l’alerte était déjà donnée en amont, ne fallait-il pas anticiper ? Pourquoi subir une telle attaque dans ce périmètre hautement stratégique ?

D’ailleurs, si le renseignement n’a pas failli alors il pourrait y avoir des infiltrations à son niveau. Dès lors, tout doit être immédiatement mis en œuvre pour enrayer toute faille ou infiltration dans les dispositifs clés du renseignement. C’est aussi le moment d’exiger de la coopération avec la Russie – si ce n’est encore le cas – beaucoup de rigueurs et des appareils technologiques de pointe.

Nous le réaffirmons. Les services de renseignements maliens ne doivent pas jouer les seconds rôles dans le dispositif du renseignement malo-russe. Autrement dit, la coopération avec la Russie devrait être synonyme d’un limpide transfert de compétences, tant dans la conception des logiciels de renseignements que dans leur utilisation précise. Notre autodétermination réside aussi dans notre capacité à être nous-mêmes pour nous-mêmes à tous les niveaux stratégiques de la souveraineté. Et, nous n’avons à cet effet aucun doute sur l’intransigeance du vaillant gouvernement malien.

Sources : (1) https://www.aa.com.tr/fr/afrique/pm-malien-la-france-exerce-un-terrorisme-politique-m%C3%A9diatique-et-diplomatique-contre-notre-gouvernement-/2493764

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