[Bénin]–Octroi de pensions et autres avantages politiques : le trop de charges pour avilir les Béninois ?

Par Mohamed Kpaka

En prélude de l’ouverture de la première session ordinaire du parlement pour le compte de l’année 2022, le porte-parole de l’Assemblée nationale, James Gbagudi, a animé une conférence de presse le mardi 12 avril.

Assemblée nationale du Bénin ; Gouv.bj

Après un feedback sur les grandes lignes ayant marqué la deuxième session de l’année écoulée, le directeur adjoint des services de l’information et de la communication de l’Assemblée nationale a livré le contenu probable de la première session ordinaire de l’année en cours.

Les anciens députés et présidents d’institutions : des éternels bébés à nourrir 

De cette conférence ayant duré quelques heures, il ressort qu’une nouvelle pièce pourrait rallonger le chapelet déjà très long des charges à couvrir par l’État béninois. Alors que les taxes et impôts s’inventent çà et là, et que le Bénin monte de façon permanente, le guet sur les marchés financiers internationaux et sous régionaux, les finalités de tous ces moyens mobilisés à contenter seulement quelques-uns ?

En effet, la production législative de 2022 se penchera sur un projet de loi plus ou moins essentiel, celui de portant « l’octroi de pensions et d’autres avantages aux anciens présidents de la constitution ». Cette mesure, approuvée par la constitution, à en croire les instigateurs, s’élargirait également aux anciens parlementaires.

En effet, la production législative de 2022 se penchera sur un projet de loi plus ou moins essentiel, celui portant ‹‹ l’octroi de pensions et d’autres avantages aux anciens présidents de la constitution ››. Cette mesure, approuvée par la constitution, à en croire les instigateurs, s’élargirait également aux anciens parlementaires.

Même si le coût probable de cette charge supplémentaire reste à estimer, il n’en demeure pas moins, que le train de vie des responsables politiques constitue déjà une sangsue qui siphonne la caisse de l’État.

Salaire brut, primes et allocations divers ; un député coûterait déjà quelque 5 millions de francs au contribuable béninois. Fait étonnant, au moment où le SMIG stagne à 40 000 FCFA et reste largement moins observé par les employeurs.

Quelques jours plus tôt, c’est la mensualité faramineuse des Secrétaires exécutifs, pour suppléer les maires — poste inventé et dont l’utilité reste à cerner — qui crée polémique.

Pendant ce temps, un enseignant — fonction dévalorisée et réduite à l’aspiranat — qui sacrifie sa jeunesse à former et éduquer les cadres, arrive à peine à toucher les cent mille FCFA, le mois.

Dans une telle configuration, à un moment où le Bénin s’engouffre dans la précarité avec le plus grand record de la cherté de vie de son histoire, il convient justement de se demander la finalité des emprunts obligataires lancés chaque mois.

Quid du salaire des membres du gouvernement ?

Le nouveau projet qui serait déjà examiné par le bureau de la conférence des présidents, et inscrit au rôle général des affaires, intervient au moment où l’annonce du congédiement des parlementaires carriéristes sort des tiroirs des affaires d’État.

En effet, depuis plus de 5 ans, le salaire des ministres et du chef de l’État reste un mystère. Or, la constitution fait obligation de déclaration des biens d’une autorité à l’entrée et à la sortie de ses fonctions.

Une disposition légale à laquelle les dirigeants béninois ne semblent pas se ployer, en tout cas, pas ceux actuels.

afrique-mere, le point de vue africain.

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