Guerre Russie-OTAN: ‹‹Mine de rien, c’est un ordre mondial qui s’écroule…››

Par Bertrand MEGBLETHO

Biden & Poutine

Faisons le point

Ça fait deux mois que la Russie mène sa guerre en Ukraine, deux mois qu’elle n’a pas pris Kiev. Si la capitale était effectivement l’un des objectifs de Moscou, alors, c’est sans conteste une victoire retentissante pour l’Occident et pour  Zelensky qui auront par ailleurs réussi à infliger à l’armée russe des pertes psychologiquement impactantes.

Mais ça fait également deux mois que les trains successifs de  sanctions économiques annoncées comme absolument dévastatrices pour la Russie n’ont rien dévasté du tout. Le débranchement du réseau SWIFT n’a pas fait s’écrouler le système bancaire russe. Au contraire, d’autres systèmes (le SPFS russe et le CIPS chinois) ont vite pris la place et semblent bien fonctionner. Après les retraits-paniques des premiers jours, les épargnants russes ont recommencé à revenir vers leurs banques. Les magasins d’approvisionnement sont à nouveau remplis (de produits chinois, indiens et brésiliens surtout) et le rouble, soutenu par la hausse des prix du gaz et du pétrole, et par une politique rationnelle de la banque centrale russe semble avoir bien encaissé le choc des sanctions et a même retrouvé depuis un mois son niveau de début février.

Bref, l’ours de la Taïga (surnom de la Russie) qui devait se coucher au bout de 15 jours a l’air plus debout que jamais et peut même se targuer d’avoir pris Marioupol et établi l’obsessionnelle continuité territoriale qu’elle souhaitait entre la Crimée et le Donbass.

La plus lourde faute économique et financière des 100 dernières années.

Mais à mon sens, la victoire économique la plus éclatante de la Russie, c’est d’avoir poussé les autorités américaines à la plus lourde faute économique et financière des 100 dernières années. En effet, en violant sans sourciller la sacro-sainte règle de droit liée aux avoirs des pays auprès de la banque centrale américaine, Joe Biden et son gouvernement ont fait exploser l’avantage considérable que les États-Unis tiraient depuis les accords de Bretton Woods (juillet 1944) de la dollarisation de l’économie mondiale.

Les puissances rivales des États-Unis sont désormais prévenues, qu’il est suicidaire pour elles de continuer à placer leur confiance dans le dollar. Et dans l’Euro. Vu qu’elles peuvent se les faire voler sans scrupule pour peu que Washington les considère comme une menace. Mine de rien, c’est un ordre mondial qui s’écroule…

Le face-à-face militaire

Revenons à présent au conflit proprement dit. Les sanctions économiques ayant globalement échoué, ou pire, s’étant même retournées contre leur initiateurs, il ne reste plus qu’un seul moyen de vaincre cette Russie menaçante : LE FACE-À-FACE MILITAIRE ! Je me trompe peut-être – je le souhaite de tout mon cœur – mais je ne trouve aucune autre explication à cette surenchère martiale qui s’élève depuis quelques jours de Washington, Londres, Berlin et Paris, et à laquelle – on s’y attendait – Moscou répond par une mise en garde contre le risque d’une  mondialisation de la guerre.

Un appel à la méditation pour l’Afrique

Je voudrais terminer ce point par cet appel à la méditation : au moment où russes et occidentaux s’apprêtent à se détruire mutuellement, sommes-nous prêts en Afrique à assumer notre propre leadership, ou au contraire, allons-nous attendre sagement que le vainqueur de cette guerre fratricide panse ses blessures et revienne décider pour nous ?

Leave comment

Your email address will not be published. Required fields are marked with *.