Terrorisme et partenariats géostratégiques au Sahel

Le terrorisme imposé aux populations et Etats africains est devenu un sujet qui défraie la chronique. Combiné au sujet des partenariats géostratégiques, le politologue Boni Richard Ouorou en parle sans langue de bois.

D’entrée, ‹‹ le terrorisme au Sahel aujourd’hui, il y en a beaucoup de spéculations mais toutes rejoignent la mauvaise foi des occidentaux qui créent le besoin pour apporter le moyen ››, avance Boni Ouorou. Il ajoute que c’est ‹‹ ce qui fait qu’on est obligé de collaborer avec eux, les laisser exister à nos côtés tout le temps ››.

Bilan de la présence militaire française contre le terrorisme

Et si on faisait le bilan d’une décennie de cette présence militaire française en Afrique ? Pour Boni Richard Ouorou, ‹‹ il n’y a pas de bilan car il est négatif ››. Trop juste, le politologue avance que ‹‹ plus l’armée française est là, plus le terrorisme prend de l’ampleur ››. Il poursuit, à vrai dire, que ‹‹ le terrorisme qui a quitté le Tchad s’est étendu au Mali, a fait des ravages, et s’est à nouveau étendu jusqu’au Burkina Faso et aujourd’hui rentre au Bénin ››.

Même le gardien des intérêts de l’oligarchie françafricaine, le président Macky Sall semble reconnaître le défaitisme congénital français. ‹‹ Pourquoi en dépit de la présence plus massive des forces internationales, la situation continue de se dégrader au Sahel. De quatorze mille hommes de la MINUSMA, plus de cinq mille de G5 Sahel, en plus de Barkhane plus tout le reste. Ce n’est pas moins de trente mille hommes qui sont sur le théâtre ››, s’interroge-t-il.

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Prospecter d’autres partenariats géostratégiques contre le terrorisme

‹‹ Si tant est que nos armées sont en sous effectif et sous équipées, il est temps de prospecter d’autres partenariats géostratégiques ››, dit Boni Ouorou.

Une option qui logiquement devrait faire office d’action politique africaine. Mais la France paternaliste se rebelle contre toute initiative africaine d’autodétermination et de responsabilité. Alors elle prétend toujours maladroitement aimer les Africains plus qu’elle ne s’aime elle-même. Avouons que les élites dirigeantes africaines en sont tout aussi responsables.

L’universitaire Boni Richard Ouorou

Un partenariat avec la Russie ou autres pays étrangers ?

‹‹ Je ne suis ni pro russe ni russophobe, je suis pour les intérêts africains ››, clame Boni Ouorou. Selon lui, la question préoccupante est de savoir sur quelles bases contractuelles se reposent les partenariats avec la Russie.

En effet, le Mali demeure l’exemple le plus visible d’un partenariat avec la Russie. ‹‹ Si l’État malien est dans un partenariat qu’il maîtrise de bout en bout, et qu’il n’est pas une fois encore abusé ››, Boni Ouorou insiste ‹‹ qu’il est temps compte tenu du bilan quasi nul des français, de prospecter d’autres partenariats géostratégiques ››.

Une guerre géostratégique des multiples partenariats au Sahel

D’un côté, le Mali a alors raisonnablement décidé de prospecter des partenariats avec la Russie. De l’autre côté, le Niger, connaissant bien le bilan négatif de la France, décide d’être la base arrière de Barkhane. D’ailleurs, pour les Africains, ce bilan du partenariat avec la France est la preuve des intentions sournoises de l’expansionnisme militaire français au Sahel.

De cette opposition de style entre ces pays sahéliens renforce forcément des guerres géostratégiques entre la Russie et la France atlantiste. Autrement dit, cette guerre géostratégique des multiples partenariats au Sahel pourrait avoir de nombreuses conséquences. Et par extension, ces conséquences vont rejaillir sur les pays côtiers – toute l’Afrique subsaharienne.

Selon l’universitaire, ‹‹ cette guerre géostratégique pourrait contraindre les uns et les autres dans les bras de maîtres colonisateurs ››.

En effet, ‹‹ le Mali aura peur que la France ne vienne envahir son territoire, déstabiliser son Etat et tuer ses dirigeants. Dès lors, cette peur pourrait obliger le Mali a donné davantage de pouvoirs de contrôle aux Russes sur son territoire. Ce qui serait à terme déplorable ››. C’est ce qu’affirme Boni Richard Ouorou. D’ailleurs, cette hypothèse fut vérifiée par le passé quand la Guinée du panafricaniste Sékou Touré décida de sortir du merdier français. Dès lors l’opération Persil était une opération secrète menée en 1959 par le gouvernement français dans le but de déstabiliser le gouvernement souverainiste de la Guinée en raison du rejet du franc CFA par le président Ahmed Sékou Touré et du succès de sa campagne pour l’indépendance de la Guinée.

De l’autre côté, Boni Ouorou avance que ‹‹ le Niger, quant à lui, va concéder beaucoup plus aux français. Ceci par crainte que les terroristes fuyant l’assaut militaire russe au Mali ne viennent davantage s’installer sur son territoire ››.

Au final, ‹‹ ce sont les populations et Etats africains qui sont davantage les grandes victimes ››, conclu Boni Ouorou.

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Appel à plus de responsabilités des populations et dirigeants africains

Selon le politologue, ‹‹ il est temps, de façon responsable, que les dirigeants africains s’unissent et parlent d’une même voix ››.

À l’arrivée, les dirigeants africains devraient faire avec n’importe quel Etat étranger capable. À cet effet, l’universitaire Boni Ouorou préconise des conditions de partenariats possibles :

  • Que l’État partenaire nous fournisse des armes et quelques instructeurs pour la formation à leur maniement.
  • Ou acheter les armes et les donner à chaque citoyen pour la défense du territoire. On pourrait faire appel aux citoyens volontaires et les former par la suite.

Cette option, pour Boni Ouorou, appellerait ‹‹ la responsabilisation des citoyens et les engagerait davantage ››. Mais aussi, elle devrait exclure la présence massive de soldats étrangers et de bases militaires contrôlées par de forces exogènes.

D’ailleurs, cette option avait été employée par les unionistes lors de la guerre d’indépendance américaine. https://fr.vikidia.org/wiki/Guerre_d%27ind%C3%A9pendance_am%C3%A9ricaine

Afrique-mère, le point de vue africain

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